Les syndicats de la SNCF obtiennent la création d’une taxe sur les carburants pour financer le maintien de la prime charbon des cheminots

Le projet de réforme de la SCNF prévoit la transposition dans la loi française de l’ensemble de textes européens régissant l’arrivée de la concurrence sur le réseau ferré français. L’objectif est d’arriver à un meilleur service public ferroviaire au meilleur coût pour les usagers et pour les contribuables. Cette restructuration nécessaire implique de modifier le cadre de la négociation sociale d’entreprise, ainsi que les conditions de recrutement et de gestion des emplois des salariés du groupe public ferroviaire.

Cette modification du statut des cheminots aborde frontalement le point ultra-sensible de la réduction, voire la suppression, de nombreuses primes dont la célèbre «prime charbon».

La conduite d’un TGV de Marseille à Paris permet aux cheminots d’engranger 1550 euros de primes charbon non imposables

D’un montant de 155 euros net mensuel, totalement défiscalisée (non soumise à l’impôt sur le revenu et à la CSG), la prime charbon reste la variable d’ajustement permettant aux cheminots d’obtenir un salaire décent en rapport avec leurs responsabilités. D’autant que cette prime est cumulable selon la nature des tâches affectées. Par exemple, un cheminot conducteur de TER perçoit cette prime par tranche de 100 km parcourus alors qu’elle est réduite à 75 km pour un conducteur de TGV. Ainsi, la conduite d’un TGV allant de Marseille à Paris (775 km) permet au cheminot d’engranger 10 primes charbons soit 1550 euros nets d’impôts. Lorsqu’on sait qu’un cheminot peut effectuer jusqu’à 20 aller-retours par mois, on comprend dès lors l’acharnement des syndicats à défendre ce pré carré salarial.

Aussi, en échanges d’un arrêt prochain des grèves et de l’accord implicite des cheminots validant la privatisation et la destruction du statut de la SNCF, les quatre organisations représentatives, CGT, Unsa, SUD Rail et CFDT ont obtenu le maintien de la prime charbon à laquelle les cheminots sont si attachés.

Cependant, les finances publiques n’étant pas infinies, le maintien de cette prime qui coûte aux contribuables la coquette somme de 6 milliards d’euros par année fiscale glissante, sera intégralement compensé par une augmentation de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) de 8 centimes par litre de carburant, ce qui aura mécaniquement pour effet de surenchérir le prix à la pompe d’un plein de carburant de 5 euros environ.

Un petit sacrifice financier que tous nos concitoyens attachés au maintient d’un service public de qualité accepteront, on s’en doute, de bon cœur.

 

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Un commentaire

  1. Je vais faire tourner l’info chez les cheminots, ça va les
    Faire beaucoup rire …
    Plus de prime de charbon depuis 1975

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